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27 juin 2015

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Le code pénal marocain prévoit toujours des peines de un mois à deux ans de prison pour "outrage à la pudeur".
C'est un procès qui fait grand bruit au Maroc. Deux jeunes femmes, accusées d'"outrage à la pudeur" pour s'être promenées en robe, seront jugée à partir du 6 juillet à Agadir (sud), ont rapporté jeudi 25 juin une ONG et des médias locaux.
Ces deux femmes, coiffeuses de profession, se rendaient sur leur lieu de travail lorsqu'elles ont été appréhendées le 16 juin à Inezgane, a indiqué à l'AFP la présidente de la Fédération de la ligue des droits de femmes (LDDF), Fouzia Assouli.
D'après des médias locaux, la police est intervenue après qu'elles eurent été encerclées par des marchands ambulants qui protestaient contre leur tenue "jugée contraire aux bonnes mœurs". "Malmenées", elles n'ont "dû leur salut qu'aux forces de l'ordre", rapporte le site Medias 24.
Les deux jeunes femmes "étaient habillées de manière tout à fait respectable" a affirmé à Medias 24 une membre locale de l'AMDH, Bouchra Chetouani. Une fois en sécurité dans le fourgon, elles ont toutefois été conduites au commissariat, où un procès-verbal a été dressé pour "atteinte aux mœurs", poursuit Medias 24. Les prévenues, âgées de 23 et 29 ans selon un militant, seront jugées le 6 juillet pour "outrage à la pudeur", a confirmé à l'AFP Fouzia Assouli.
"Agadir est une région touristique. Mais cette affaire intervient dans un contexte marqué par des discours de moralisation qui radicalisent les gens", a-t-elle estimé, alors que le Maroc a été secoué ces dernières semaines par plusieurs controverses sur les mœurs. "C'est un cas sans précédent dans notre région", a renchéri un responsable local de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), Aziz Sellami.
Sollicités par l'AFP, les ministères de l'Intérieur et de la Communication n'ont pas réagi pour l'instant.
Une pétition en ligne "Mettre une robe n'est pas un crime" avait recueilli jeudi midi presque 8.000signatures. Des sit-in sont également prévus durant le week-end à Agadir et Casablanca.
Le site de l'hebdomadaire Tel Quel rappelle de son côté les acquis de la Constitution de 2011, adoptée dans le contexte des Printemps arabes, en matière de droits des femmes. Mais l'article 483 du code pénal prévoit toujours des peines de un mois à deux ans de prison pour "outrage à la pudeur".
ActusOrange.fr

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