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21 avril 2015

Imprimer/Print Friendly and PDF Éric Zemmour : "On nous bâillonne mais il faut auparavant qu'on dise merci"
 REPLAY / BILLET - La loi sur le renseignement est en discussion à l'Assemblée. Elle est la cible de reproches, à droite comme à gauche car elle porterait atteinte à nos libertés


On n est pas forcement d accord 2104 par rtl-fr
Tous les amateurs de romans policiers vous le diront : on reconnait le coupable à ce qu’il parait le plus innocent de tous les suspects. Il a le meilleur alibi, il est le plus serviable auprès de l’enquêteur. En annonçant qu’il saisirait le Conseil Constitutionnel sur le projet de loi renseignement - une première pour un président de la République de la Vème- François Hollande s’est cru très malin et n’a fait que signer son crime. C’est la maladresse des habiles.

D’abord, parce que à droite comme à gauche, de nombreux députés s'apprêteraient eux mêmes à le faire. Ensuite, parce que la saisine du Conseil n’est pas en elle même une garantie absolue pour les libertés publiques. 

Un esprit du "11 janvier" très utile

L’histoire des décisions des hautes juridictions françaises n’est pas avare de petits calculs et de grands services. On se souvient que le Conseil d’État s’était empressé il y a quelques mois d’abolir une de ces jurisprudences les plus anciennes et les plus libérales pour complaire à Manuel Valls, qui voulait à toute force interdire les spectacles de Dieudonné.

Ce texte sur le renseignement trouble le traditionnel clivage-droite -gauche. Il inquiète les esprits les mieux disposés, grands flics ou juges antiterroristes. Les garanties sont dérisoires et les risques immenses. Il profite du fameux "esprit du 11 janvier" pour légaliser une plate-forme nationale de cryptage et de décryptement (PNCD) qui permet depuis des années de recueillir et de stocker des données personnelles massives.

Pour une efficacité fort réduite : on écoute tout le monde pour entendre quelques uns. On pêche au chalut pour attraper quelques poissons. On traque le délit d’opinion sans poursuivre le crime. On se refuse à interdire le retour sur le territoire des djihadistes à la manière anglaise; on n’ose pas descendre dans les banlieues pour mettre à jour les innombrables caches d’armes par peur des bavures. Alors, pour faire taire ce message qu’on ne veut pas entendre, on s’en prend au facteur. 

La loi sur le renseignement, inquiétante ?

Cette loi sur le renseignement doit être mise en relation avec le plan, annoncé la semaine dernière, par le premier ministre pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme. Désormais, on fait basculer tout ce délit du racisme dans le code pénal, alors qu’il relevait jusque là d’un droit de la presse éminemment protecteur. Et on en profite au passage pour serrer encore la vis à internet. Une fois de plus, c’est la parole qui est suspectée, pas le crime. On sort de plus en plus du cadre démocratique qui respecte toute opinion, même celle qui dérange ou choque, pour un discours moralisateur et compassionnel, qui traque le dérapage de manière obsessionnelle.

Non seulement ces lois sont liberticides, mais elles privatisent le droit au profit de communautés à qui on reconnait une protection particulière, représentées qu’elles sont par des associations qu’on arrose de subventions publiques pour mieux réduire la liberté de parole.

Ces lois anti-républicaines sont prises au nom de la défense de la République. On nous oblige à renoncer à nos libertés au nom de la sauvegarde de la liberté. On nous bâillonne, mais il faut auparavant que l’on dise merci. RTL

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